• Vertiges du pouvoir (7) Téléportation

    La série « Vertiges du pouvoir » commence par notre entrée dans l’histoire de la « région d’absurdie » : Fiction ou réalité ? Aux lecteurs de répondre…

    En fait cette narration voyait le jour en raison de la mise en examen récente d’un juge…Étrange ce lien qui est fait avec cette fiction incroyable se déroulant à Hénin Beaumont où l’ancien Maire de la ville est accusé de corruption +++ et un adjoint de prise illégale d’intérêt.


     

    La ville d’Hénin Beaumont, rebaptisée  dans cette fiction « Calamity City » était pourtant une petite ville active et pleine de promesses, bien que chargée d’un passé industriel très lourd….

    Nous sommes téléportés à travers le temps pour revivre l’histoire tragique du charbon dans le Nord Pas de Calais.

    Les élus locaux s’afficheront comme défenseurs du bassin minier. Le couperet tombera avec l’annonce faite par François Mitterrand de la fin de l’extraction du charbon.

    L’héritage de la mine se compte en friches industrielles et en logements (un parc de 82600 logements miniers).

    La gestion du patrimoine minier fait l’objet de toutes les convoitises. C’est là qu’interviendront des luttes fratricides entre André Delelis, Marcel Wacheux, Jean Pierre Kucheida

    En 1991 Jean Pierre Kucheida devient Président de la SACOMI (Société d’Aménagement de Communes Minières) en écartant ses rivaux.

    Vidéos souvenirs

    La SACOMI obtient la gérance de la SOGINORPA qui avait été créé en 1986 par Charbonnage de France pour gérer le patrimoine immobilier. Puis en 2002, l’ancien patrimoine immobilier de Charbonnage de France est cédé à l’EPINORPA.

    En 2007 intervient la dissolution de la Société Charbonnage de France. Désormais Jean Pierre Kucheida, homme de pouvoir absolu, a les coudées franches. La Société « Maisons et Cités »est créée qui englobera l’EPINORPA. Dés 2008, intervient la création d’ADEVIA (Aménagement et développement de projet). Apparaît également dans le paysage une Centrale Foncière Régionale (CFR) qui a pour but l’acquisition de réserves foncières. Une seule gouvernance pour tout cela : JPK.

    Tiens on reparle de « Calamity City » ! La CFR s’est engagée aux cotés des élus de cette ville et sous la pression de l’Adjoint à l’Urbanisme pour l’acquisition de « certains terrains » appartenant à ??? Parlerait-on de prise illégale d’intérêt ? Point du tout, puisque le juge, rencontré dans les 1ères lignes de cette histoire, prononcera en juin 2009 l’extinction de l’action publique pour cause de prescription des faits.

    Politiquement les luttes fratricides entre Socialistes jalonnent plus de 4 décennies. En 1973, Daniel Percheron parviendra à mettre un terme au Mollétisme (Guy Mollet) et à la SFIO et deviendra le Président de la Fédération Socialiste du Pas de Calais.

    Pourtant la Fédération qui devient progressivement toute puissante fait peur. En son sein des conflits éclatent. Certains élus issus de la SFIO et réunis autour du maire de Lens, André Delelis commencent à craindre de devoir se plier aux directives de la fédération.

    Le congrès Socialiste de Metz, qui se tient en avril 1979, voit l'affrontement du premier secrétaire sortant François Mitterrand et de la Deuxième gauche incarnée par Michel Rocard.

    Ce congrès est aussi l’occasion pour qu’éclatent au sein de la Fédération du Pas de Calais certains conflits larvés, issus de la modification des rapports de force, de fortes rancœurs des anciens molletistes repliés sur la section d'Arras.

    Bien qu'ayant bénéficié du soutien de François Mitterrand dans son entreprise de conquête de la fédération, Daniel Percheron et la majorité du secrétariat fédéral soutiennent en effet la motion présentée par Pierre Mauroy et mènent campagne en faveur de Michel Rocard dans sa course à l'investiture présidentielle ; tandis que les anciens partisans de Guy Mollet (Léon Fatous, André Delehedde, Jacques Piette...) d'une part, et André Delelis d'autre part, prennent position en faveur de François Mitterrand.

    La réaction critique de nombreux militants face au spectacle de division offert par leurs leaders dans un premier temps, la preuve de persistance de la menace communiste qui dans le département devance le PS aux élections européennes de juin 1979 dans un second temps, conduisent les dirigeants à redresser le tir: En janvier 1981, François Mitterrand est ainsi investi avec le meilleur score de France par les sections du Pas-de-Calais (96,18%) pour l'élection présidentielle, alors même que la fédération avait majoritairement pris fait et cause pour Michel Rocard l'année précédente.

    Seul  André Delelis obtiendra un poste de Ministre dans le 1er gouvernement de François Mitterrand. Ce “coup” mal joué va avoir pour conséquence de tenir les élus et responsables du Pas-de-Calais éloignés des postes de pouvoir central et d'affaiblir momentanément la Direction fédérale.

    Alors que Laurent Fabius, 1er ministre de 1984 à 1986, représente l'homme politique qui a débloqué d'importants fonds d'industrialisation pour le bassin minier après la phase noire du gouvernement Mauroy.

    Michel Rocard est nommé Premier Ministre le 10 mai 1988 au début du second septennat de François Mitterrand.

    En 1990, alors que Michel Rocard est à Matignon en qualité de premier ministre, il reprend à son compte la proposition des socialistes du département d'une société d'économie mixte “rassemblant notamment les différents partenaires locaux et l'État”, tout en promettant une accélération de la réhabilitation des logements et le respect des droits du mineur.

    Le congrès socialiste de Rennes en 1990 est dominé par l'affrontement des deux héritiers de Mitterrand, Lionel Jospin et Laurent Fabius. Finalement, Pierre Mauroy est réélu  premier secrétaire du parti socialiste à l'unanimité.

    Sommés en quelque sorte de choisir entre Fabius et Rocard, les membres de l'équipe dirigeante de la fédération socialiste du Pas de Calais vont toutefois s'efforcer de préserver le consensus fédéral en organisant un choix collectif. La mobilisation des sections prend une tournure inhabituelle : pratiques d'intimidation exercées par certains élus, cartes bradées ou offertes à des proches (la section de Liévin a vu ses effectifs croître de 400 adhérents en quelques semaines et celle de Béthune de 250).

    Le clou de la mobilisation Fabiusienne a en effet consisté en la tenue à Béthune d'un banquet présidé par Laurent Fabius, censé commémorer le 70éme anniversaire du Congrès de Tours, le 21 janvier 1990 ! 8000 personnes avaient été réunies sous un chapiteau pour permettre au président de l'Assemblée nationale de signifier son attachement à “la vieille maison” et son ancrage dans l'histoire du socialisme.

    Cet engagement massif de la Direction fédérale et des principaux élus en faveur de Laurent Fabius laisse des traces que Marcel Wacheux, député rocardien, démissionne du PS en avril 1991 après avoir été écarté de la présidence de la nouvelle société chargée de gérer le patrimoine des Houillères (SACOMI) au profit de Jean-Pierre Kucheida, au nom de l'appartenance de courant... André Delelis et Marcel Wacheux, les deux présidents successifs de l'Association des communes minières sont écartés


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