• Vertiges du pouvoir (1) La Région d'Absurdie

    L’histoire se situe dans la Région d’« Absurdie », une Région dirigée par quelques barons indétrônables. Ces barons s’affichent en apparence comme étant de la même mouvance.

    Mais au-delà de l’image d’Epinal, il existe une lutte de pouvoir fratricide sur le découpage des territoires qui va être le fil conducteur de ce feuilleton.

    Bien sûr, cette histoire n’est que pure fiction. D’ailleurs toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé ne serait que pure coïncidence.

    Comme pour toute fiction, il me faut en préalable vous camper quelques personnages clés de ce polar. Je me suis demandé comment procéder pour vous éviter un énoncé ennuyeux des protagonistes du feuilleton que je vous propose.

    Je n’ai pas le talent de Christophe Hondelatte dans « Faites entrer l’accusé » et pourtant j’ai choisi de faire entrer mes personnages dans votre quotidien au fil des événements judicaires.

    Bon, il faut bien que cette fiction ait un rapport avec l’actualité qui gouverne nos idées. Alors je me lance avec la mise en examen récente d’un juge.

    Pas mal çà comme accroche ! Ce n’est pas banal quand même, un juge placé  en garde à vue puis en détention pour suspicion de corruption, trafic d’influence et escroquerie. Tiens, n’est-ce pas en ce moment que le Parlement aborde la réforme de la garde à vue ?

    Présumé innocent des chefs d’accusation qui sont proférés à son encontre, le juge qui se croyait « indéboulonnable » reste à ce jour abasourdi. Victime d’un corbeau, il se repasse dans la tête tous les prévenus qui pourraient lui en vouloir au point de chercher à l’abattre dans son activité professionnelle.

    Il a beau chercher, tout comme ses collègues qui croient en lui, il a en effet pour réputation d’être un magistrat humain. Les avocats expriment leurs louanges sur son esprit de synthèse et sur sa façon de mener les débats en correctionnelle.

    Et voilà que les journalistes font certains rapprochements avec des événements datant de juin 2009. Ces événements ont défrayés la chronique dans la ville rebaptisée « Calamity City » depuis 2001.

    La division économique et financière (DEF) de la direction interrégionale de police judiciaire (DIPJ) convoque l’adjoint au Maire de cette ville en charge de l'urbanisme. Cet élu est soupçonné de prise illégale d'intérêt, autrement dit d'avoir profité de sa position d'élu à des fins personnelles.

    On lui reproche d'avoir fait modifier le plan local d'urbanisme pour vendre à un prix plus élevé des terres agricoles.

    « Monsieur X  a acquis un terrain agricole en juillet 2003 pour la somme de 3689 € puis l'a revendu en juin 2007 pour la somme de 774 700€, après que ce terrain eut été classé en zone constructible par le plan local d'urbanisme de la ville », explique la Procureure de la République.

    Or au grand étonnement de tous, il faut le dire, même du propre avocat, Monsieur X, le 24 juin, bénéficie de l'extinction de l'action publique pour cause de prescription. L’action a été menée dix huit jours trop tard. Juste quelques petits dix huit jours ont permis à Monsieur X d’éviter la peine encourue :cinq ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende.

    Seulement voilà, quelques jours plus tard, c’est au tour du Maire de « Calamity City » le 7 avril 2009 d’être placé en garde à vue puis mis en examen pour "détournement de fonds publics par personne chargée d'une fonction publique", pour "complicité et recel" de cette infraction et pour "faux en écritures privées et usage", pour "favoritisme" et "recel de favoritisme".

    On parle alors de révélations faites par une fonctionnaire de la ville alors qu’elle était en phase terminale d’un cancer. Faut-il croire à cette thèse ? Nul ne le sait vraiment…Un seul argument en faveur du doute, cette personne travaillait à la Direction de l’Urbanisme…Étrange, non ?

    Au-delà des supputations, un élément irréfutable de cette affaire est la haine qui s’est installée dans les relations de deux hommes, autrefois amis et même peut-être complices.

    La presse écrite locale dans un article diffusé le 21 janvier 2011 cherche les causes de la mise en examen du juge :

    « Ici, on ne sait pas encore grand-chose de ce que les deux juges d’instruction (en charge de cette affaire) reprochent au juge. Tout semble parti d’une dénonciation auprès (d’une confrère) à laquelle un courrier anonyme suggérait que (l’intéressé) était peu regardant sur la déontologie. Cette juge instruisant le dossier de (« Calamity City ») … (a interrogé l’ex-Maire de cette ville qui devrait être jugé en fin d’année 2011). Une sombre histoire de vengeance entre lui et son ancien adjoint à l’urbanisme serait à l’origine de cette lettre »

    La télévision régionale fait également le lien avec l’ex Maire de « Calamity City » : « L’ex Maire semble avoir construit un véritable dossier contre le magistrat et aurait menacé de s’en servir lors de son propre procès ».

    Ce coup de tonnerre politico-judiciaire récent de la Région d’« Absurdie » est à replacer dans son contexte historique. C’est bien l’objet de mon écrit du jour et de mes écrits à venir….du moins, si cela vous intéresse ???


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