• Tenter de justifier mon départ

    L’impossibilité d’exercer mon métier dans un contexte aussi difficile se faisait cruellement sentir.

    J’avais l’impression de jouer un double jeu mais c’est avec joie que je collaborais aux investigations de Monsieur ISART de la CRC.

    Je tentais même de me révolter sans succès sur certains points de déontologie. Il me semble par exemple anormal qu’un responsable des services techniques d’une collectivité ait également la charge des marchés publics. Il devient juge et partie dans les affaire de la commune.

    A l’époque de Dalongeville, un exemple parmi tant d’autres : Pour lancer un marché public  vous devez faire une évaluation du plafond de ce marché (le coût maximum à ne pas dépasser) comme par hasard, les plafonds, élaborés aux centimes près, correspondaient à la candidature retenue.

    Cela ne remet pas en cause le travail du fonctionnaire  désigné qui, comme tous, ne faisait qu’agir sur ordre de peur de représailles.

    Aucune des propositions d’organigramme que j’avais faites ne trouvait grâce devant « Dieu », car c’est bien ainsi qu’était surnommé le Maire ce qui démontre bien à quel point nous avions conscience de n’être que des marionnettes au service d’un seul et unique décideur. Ses colères étaient violentes et sans pitié et plusieurs s’en souviennent amèrement.

    Les réunions du Bureau Municipal étaient toutes fastidieuses et se terminaient vers 1h ou 2h du matin et il fallait reprendre le travail en Mairie à 8h.

    Il parait que le Maire avait choisi ce cérémonial pour « épuiser ses élus » qui au bout de 2 à 3h de passage en revue du planning des réunions et festivités où une représentation communale était nécessaire étaient moins réceptifs ensuite sur les affaires de la commune.

    Les projets de délibérations étaient examinés rapidement, soulevant rarement des remarques des élus. Seul le Maire parlait. Les lieux de réunions de ces bureaux municipaux étaient classés « secret défense ». Il s’agissait souvent de l’Aquarium à Fresnes ou plus près du Novotel de Noyelles Godault.

    Chaque réunion de bureau Municipal était suivi d’une réunion de Groupe politique où les délibérations corrigées étaient présentées. Là aussi la loyauté indéfectible du Groupe était de mise.

    Résidence Léon

     

    Lorsque j’avais travaillé sur le budget de la ville pour l’année 2003, j’avais examiné le bail emphytéotique de la ville pour la résidence Léon, résidence de vacances conçue dans le cadre social.

    Déjà la ville de Léon nous mettait en alerte des dégradations intervenues sur le site mais Monsieur Dalongeville refusait de répondre aux doléances. Pourquoi cet abandon de cette résidence qui avait fait des heureux à d’autres époques plus sereines et plus transparentes ?

    Démunie en DGS face au problème, j’ai proposé à Monsieur le Maire, de me rendre sur place avec un homme de métier. Nous voulions profiter du week-end de l’Ascension pour entreprendre ce trajet et faire un point des dégâts, rencontrer Monsieur le Maire de Léon puis faire un estimatif des travaux à entreprendre. Le voyage nous a été refusé et il nous a été indiqué que cette affaire n’était plus de la compétence de la DGS.

    Rien de plus !

     

    En prélude à l’été 2003, Monsieur le Maire m’a demandé de faire une note générale aux services de la ville avec l’ordre de mettre l’ensemble des services sous ma responsabilité.

    En septembre Monsieur le Maire m’invitait à un repas en compagnie de sa conjointe pour mieux définir ce qu’il attendait de moi. C’est ce jour là que je lui ai annoncé mon intention de partir.

    J’ai quitté la ville d’Hénin Beaumont en fin de ce mois de septembre pour rejoindre ma collectivité Territoriale d’origine.

    On peut me reprocher d’avoir déserté. Et puis je crois qu’un homme providentiel était arrivé en Mairie. Il sera d’ailleurs nommé DGS.


    Tags Tags : , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :