• Les extorsions de fonds

    Pour parler des extorsions, je ressors volontairement l’enquête des inrocks qui a fait sensation à l’époque de sa sortie.

    « « Cette bombe politique n’aurait peut être jamais explosé sans l’existence de Guy Mollet, l’entrepreneur ami dont le journal local, installé dans la mairie, vendait très cher l’espace publicitaire aux entreprises. En fait, c’est en s’intéressant à ce personnage que la juge a pu comprendre le circuit de l’argent sale d’Hénin-Beaumont. »

    http://blogs.lesinrocks.com/enquetes/2011/12/11/nord-pas-de-calais-la-bombe-judiciaire-qui-menace-le-ps/

    Les témoignages recueillis par la juge concordent : l’“apporteur d’affaires” de la mairie d’Hénin-Beaumont était un racketteur hors pair qui aurait eu recours à des méthodes musclées. Par exemple, il y a le témoignage d’un agent immobilier, Laurent Bocquet, qui dirigeait la liste UMP aux dernières élections municipales. Sur son procès-verbal, Bocquet raconte qu’en 2005 il souhaite acheter sur la ville un terrain pour construire vingt-huit pavillons. Rapidement, poursuit l’homme, Guy Mollet se présente à lui en tant qu’intermédiaire de la mairie et lui réclame de l’argent pour “validerson projet… “Je suis entré dans un véritable entonnoir”, nous raconte aujourd’hui l’agent immobilier. Aux enquêteurs, il dit avoir reçu au téléphone des appels menaçants : “On va venir te voir, Bocquet !”, l’aurait prévenu un mystérieux interlocuteur se présentant comme un membre de la communauté gitane de Marseille.

    Il a précisé qu’il n’avait pas peur, qu’il allait mettre le feu, qu’il venait de faire sept ans de prison et que s’il fallait monter au bazooka, ça n’était pas un problème.”

    La juge entend un autre témoin, promoteur immobilier, qui accuse Guy Mollet. Il s’appelle Nicolas Pauchet. Il reconnaît avoir versé à Guy Mollet plus de 300 000 euros de pots-de-vin, dont 260 000 en chèques, pour obtenir l’autorisation de commercialiser à Hénin-Beaumont cent parcelles de terres agricoles.

    “Si un programme ne passait pas par Guy Mollet en validation, se justifie-t-il, il n’avait aucune chance d’aboutir.”

    Puis il affirme que son racket a pris des allures de série noire. En janvier 2008, Guy Mollet et plusieurs de ses hommes le “convoquent”. Le petit groupe lui réclame de l’argent pour rembourser de mystérieux “gens de Paris”. Pauchet n’y comprend rien, si ce n’est qu’on veut le racketter. Une discussion démarre, le promoteur reçoit des claques et plusieurs coups de boule. S’il ne débloque pas rapidement de l’argent en liquide, “des personnes de Paris qui ne sont pas des tendres s’occuperont de son cas et il finira “six pieds sous terre”.

    Au bout de quatre heures, Nicolas Pauchet craque. Il apporte à ses racketteurs 40 000 euros en liquide dans un garage et transfère 260 000 euros sur les comptes bancaires de Guy Mollet, au Luxembourg. La juge a pu vérifier l’existence de ces virements. Mais le racket du promoteur ne s’arrête pas là. Un an et demi plus tard, le 16 juillet 2009, Pauchet est “convoqué” une nouvelle fois. On lui demande de venir avec son associé, Laurent Bocquet, qui confirme aux Inrocks cette histoire. La rencontre se déroule au McDonald’s de Noyelles- Godault, où les attendent quatre hommes “de type méditerranéen”, précisent-ils dans leur déposition.

    Pauchet est une nouvelle fois menacé de mort. On lui demande de payer 200 000 euros pour solder une prétendue dette vis-à-vis de Guy Mollet. Même chose pour son associé, à qui les hommes de main réclament 30 000 euros. Sur cette affaire, les policiers interrogent Guy Mollet. “Je n’ai jamais exercé de pressions pour extorquer de l’argent”, répète-t-il sur procès-verbal. Et lorsque nous l’interrogions le mois dernier par téléphone, Guy Mollet s’indignait : “Il n’y a aucune preuve d’un racket.” Et les menaces, les baffes, les coups de boule ? »

    L’audience du 6 juin 2013 au Tribunal de Béthune est consacrée a ces extorsions de fonds. La présidente a tenté de revenir sur les intimidations subies par les associés, exercice rendu difficile par l’absence d’un des prévenus, Cyril Helias, un ancien pilote automobile incarcéré en Espagne.

    Mais les échanges au cours desquels l’avocat de Gérard Dalongeville est largement intervenu, ont tourné autour de Guy Mollet, « péage obligatoire pour faire quelque chose avec la municipalité », dixit Pauchet. Lui qui « était en affaire depuis 2005 » avec lui, a reconnu que, en sa qualité « d’apporteur d’affaires », Guy Mollet avait perçu 400 000 euros de commission.


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