• Les corbeaux croassent, les auditions pleuvent…

    Alors commencera une pratique qui deviendra courante durant toute l’affaire, l’intervention de corbeaux comme source d’information de la justice et de la police. Pas de jugements intempestifs, c’est parfois le seul moyen de rompre l’omerta locale.

    Vol de corbeau

    Je reprends le cours des articles de la Voix du Nord.

    Paru le 8 mai 2011, « Au fur et à mesure que débutent les auditions, les premières fuites concernant l'enquête semblent avoir atteint Hénin-Beaumont puisque commencent à tomber à la PJ les premières lettres anonymes. Qui font surgir plusieurs nouveaux noms du néant et pointent des pratiques pas encore passées au tamis des enquêteurs. Parmi ces corbeaux, un fidèle parmi les fidèles ayant pris le sobriquet de Victor Hugo lâche régulièrement son fiel et ses infos... Les règlements de compte commencent déjà sous le sceau de l'anonymat. »

     

    http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Lens/actualite/Autour_de_Lens/Henin_et_Alentours/2011/05/08/article_dans-les-meandres-de-l-affaire-dalongevi.shtml

    « En novembre 2008, le DGS est sommé de fournir à la PJ un certain nombre de pièces concernant les contrats passés avec les sociétés de sécurité travaillant avec la commune ou les frais des élus. Malaise en mairie.

    Une énigme héninoise, la SARL Tilloy, créée le 7 novembre 2006, a, comme par hasard, pour actionnaires principaux les gérants des deux sociétés de gardiennage, ayant bénéficié de favoritisme et de fausses factures.

    Une dizaine de jours après sa création, déjà acquéreur d'un terrain municipal rue du Tilloy, elle devient propriétaire d'une salle municipale de la rue Jules-Ferry qui portait jusqu'alors le nom de salle Saint-Pierre. Un marché conclu pour la somme de 509 380 E dont les acquéreurs règlent immédiatement 100 000 E. Le problème est que, deux ans et demi après cette session, la SARL Tilloy n'a toujours pas versé le solde, l'adjoint aux finances, Claude Chopin, et celui à l'urbanisme, Philippe Demarquilly, étant intervenus pour donner du temps aux acquéreurs.

    En mars 2008, la société de nettoyage présente une facture de 36 478 E pour une remise en état complète de l'Escapade et de l'Espace Lumière. Facture que le directeur des services financiers bloque en toute logique car... la prestation est fictive !

    Et pourtant, Gérard Dalongeville signera lui-même le bon à payer.Sans pouvoir en expliquer la raison : « Je reconnais qu'un maire n'a pas pour habitude d'apposer la mention "bon à payer" sur une facture et cela ne fait pas partie habituellement de ses prérogatives. Pourtant, je l'ai fait, mais je ne peux pas dire pourquoi... »

    Rebelote pour une facture de 36 525 E concernant une prestation tout aussi fictivedans une autre salle municipale. Et dont le bon à payer est toujours paraphé par le maire alors même que le service des marchés n'avait aucune commande en regard.

    Et, début 2009, c'est au tour de certains membres de la garde rapprochée de Gérard Dalongeville de passer sur le gril. À commencer par Jean-Pierre Chruszez, ex-directeur de cabinet et désormais conseiller-délégué aux finances. »

    Jean Pierre Chruszek corroborera dans son livre « Joker rose » ses révélations à la police : Il introduit son propos en relatant l’entrevue sollicitée par Georges Houziaux, Directeur Général des Services de la ville accompagné d’Hervé Thorez, Directeur des Affaires Financières. « Courageusement ces deux personnes osent parler et présentent à Chruszek une dizaine de factures salées qu’ils déclarent totalement fausses. Une goutte d’eau dans l’océan de la tricherie qu’ils me décrivent. »

    Dans son livre il ajoute : « Le système « Raspoutine » (G. Dalongeville) de détournement de fonds publics n’a rien à voir avec le financement du Parti Socialiste. Qui alors ? Dans quelles poches tombe l’argent détourné ? »

    Fin 2008 Les factures à la légalité plus que douteuses s'accumulent dans l'escarcelle de la DIPJ tout comme les identités des prestataires dont il reste à comprendre pourquoi ils ont fait l'objet de tant de largesse de la part de l'ordonnateur de la Ville d'Hénin-Beaumont.

    http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Lens/actualite/Autour_de_Lens/Henin_et_Alentours/2011/05/18/article_de-la-sarl-tilloy-a-deberdt-et-ics-les-l.shtml

    A quelques jours de Noël, le directeur des services financiers et le DGS de la commune passent donc un inconfortable grand oral, le premier au siège du SRPJ lillois, le second à l'hôtel de ville.

    Et les facture litigieuses de pleuvoir dru...

    Concernant les factures d'avion-taxi, le « patron » de la DAF avance s'être toujours interrogé sur les « facturations démentielles » de ces prestations 2006-2007, expliquant par ailleurs que le gérant de la société menaçait d'alerter la presse et la CRC s'il n'était pas payé !

    Quant aux bons à payer, le fonctionnaire explique qu'ils ont en majorité été signés par le maire, Claude Chopin n'en ayant paraphé qu'un reliquat...

    Autres factures astronomiques que celles concernant la société Deberdt (et son alter ego ICS) pour laquelle le maire aurait demandé que toutes les opérations soient soldées.

    G.Dalongeville vacille lorsque l'officier de police commence à sortir l'impressionnante liasse de factures Deberdt, témoignant d'une ribambelle de marchés pour lesquels la société de son ami Jean-Marc Bouche était jugée comme incontournable quitte à, une fois de plus, bafouer la loi des marchés publics.

    Là aussi le maire plaide non coupable : « Je prends acte toutefois que visiblement j'ai été mis à l'écart de nombreuses choses en dépit de ma qualité de premier magistrat de la ville. Je peux comprendre vos interrogations mais je ne veux pas payer pour des choses que je n'ai pas commises. »

    Société Debert

     

    Même lorsqu'il s'agit de lampadaires de type Chicago (facture de plus de 85 000 E), jamais livrés en mairie, mais ayant été installés sur un lotissement privé... De multiples factures Deberdt s'avèrent également être le fruit de manoeuvres de « saucissonnage » pour éviter une mise en concurrence et avoir à se conformer à la loi des marchés.

    Des mandats de paiement datés d'avril 2008 revêtent ainsi le paraphe du conseiller municipal délégué aux finances précisant qu'il s'agissait là de simples factures qui n'avaient pas à être intégrées à un marché.

    Un sujet sensible puisque, en guise de pression sur le paiement de certaines factures, des menaces physiques sont même évoquées.

    Dans le tableau brossé du climat délétère régnant à la Direction des affaires financières (bons de commande refusés pour imitation de signature sans que le maire ne réagisse à l'étonnement légitime de son chef de service, factures refusées pour défaut de prestation réelle), un personnage apparaît de manière récurrente, à savoir Guy Mollet.


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