• L?affaire des avions taxis

    Et si on parlait voyage d’affaires. Le voyageur, un certain Guy Mollet, chargé par M. le maire de vendre un certain bien ; la résidence de vacances de Léon dans les Landes. Et pour aller dans les Landes, il faut bien un avion taxi : gain de temps mais pas d’argent, loin sans faut.

    En premier lieu, il faut comprendre ce qu’était la Résidence Léon. D’ailleurs, la Présidente du Tribunal dira que « la résidence Léon fera partie des éléments évoqués régulièrement durant les trois semaines du procès ».

    Village de tentes dans les années 70, bâtiment en dur à destination des familles héninoises dès le début des années 80, la résidence Léon avait une vocation sociale à cette époque là.

    " Chaque Héninois a droit à sa part de bonheur " déclarait en 1980, Jacques PIETTE,maire d' HéninBeaumont, lorsqu’il inaugura, en présence de François MITTERRAND, cette magnifique résidence d’une superficie de 3 500 m2 nichée dans la forêt landaise au milieu des pins, avec la mer et un lac à proximité. Il s’agissait d’un foyer résidence destiné aux anciens mineurs silicosés et aux personnes âgées de la commune de Hénin Beaumont sur la base d’un contrat bail à construction de 38 ans.

    Pendant 20 ans, cette maison de vacances fera la joie de milliers d’Héninois. En 2001, l’Association Régionale pour le Tourisme Educatif et Social ((A.R.T.E.S) gérante de l’établissement en fera un site accessible à tous.

    Face à des problèmes de gestion, ARTES restituera le bâtiment à la commune.
    Dès 2001 Gérard DALONGEVILLE, alors maire, aurait dû prendre immédiatement toutes les dispositions pour reconsidérer la mission de cet établissement afin de préserver cette résidence faisant partie du patrimoine communal.Aucune décision ne sera prise. Pire, le bâtiment sera laissé à l’abandon, sans protection ; il sera vandalisé, dégradé, squatté.

    Le maire d' HENIN BEAUMONT, attendra plus de cinq ans pour prendre la décision de vendre ce qui restait de la résidence composée de 37 appartements. Il avait alors estimé, comme fruit de la transaction, une rentrée de 2 millions d’euros dans les comptes de la ville (totalement irréaliste en l'état)

    En réalité, la valeur vénale de ce bâtiment estimée dans les années 80 à 2,5 millions d’euros, sera fixée en 2006 à 850 000 € par les Services fiscaux de Mont de Marsan, compte- tenu de l’état de dégradation du bâtiment. Par ailleurs, la municipalité ayant résilié prématurément le bail qui la liait à la société d’H.L.M. DOMOFRANCE devra payer sur le produit réalisé, une pénalité de 532 671 €.

    C’est d’abord la Chambre Régionale des Comptes qui en 2009 adressera au Maire Dalongeville un accablant réquisitoire sur le devenir de la résidence Léon. Car, en ce début janvier, le procureur de la République de Béthune s’intéresse de très très près à cette ancienne résidence de vacances héninoise. Car cette résidence après avoir été abandonnée et pillée, puis mise à sac deviendra un véritable taudis.

    En ce mois de janvier 2009, un brigadier de la police municipale de Léon est mandaté par la procureur de la République de Béthune pour confirmer qu’« une entreprise est bien venue vider la totalité des matériels de la résidence (meubles lavabo, bidets, toilettes, éviers en inox, matériel de cuisine) ainsi que le matériel industriel des cuisines de la résidence. » Que tout cela s’est fait sans que la mairie de Léon n’en ait été averti et qu’« aucune entreprise n’est présente sur ce site pour effectuer une prestation de gardiennage. » Un peu embêtant pour la mairie d’Hénin, tout cela, puisque les enquêteurs sont en possession de cinq factures d’une société de surveillance toulousaine chiffrant à plus de 90 000 € la surveillance du site de Léon (même si, devant les enquêteurs, les responsables de la société expliqueront que les prestations ont été finalement annulées et transformées en… avoirs).

    En fin de mandat, le site est devenu un enjeu marchand pour Gérard Dalongeville qui donne carte blanche à son ami Guy Mollet pour « réaliser » la meilleure vente possible. Un « deal » qui débouchera sur la fameuse affaire des avions taxis…

    La Présidente du tribunal dira de Guy Mollet « M. Mollet c’est quelqu’un qui n’est en lien avec personne mais a des liens avec tout le monde »

    Voix du Nord du 28/05/2013 :Le tribunal correctionnel de Béthune, a abordé, ce mardi après-midi, le volet de l’affaire concernant les voyages en avions-taxis assurés par la société aérienne ATS, autrefois gérée par Jérémy Couvreur. Ce dernier osera dire qu’il n’a pas gardé trace des devis des trajets ce qui ne manque pas de susciter l’étonnement du Tribunal. Soit vingt trajets entre juillet 2006 et janvier 2007 qui ont coûté pas moins de 101 000 euros à la commune d’Hénin-Beaumont.

    Pour mémoire, ces allers-retours devaient permettre à leurs passagers (Guy Mollet en faisait à chaque fois partie) d’aller négocier, dans les Landes, la vente de la résidence Léon. Or, les carnets de vol attestent que les engins se seraient posés pour une grande partie à Carcassonne et au Luxembourg.

    Guy Mollet était très régulièrement accompagné de Dominique Libert qu’il fallait aller chercher au Touquet.

    Deux témoins ont été appelés à la barre dont Dominique Libert, un commerçant, qui a, de son propre aveu, participé à 7 ou 8 vols dont seulement trois avaient pour destination Léon. Les autres trajets ayant, selon lui, permis, en partie, d’aller solliciter un emprunt auprès de Dexia au Luxembourg et, par ailleurs, de permettre à M. Libert de vendre à M. Mollet un terrain à Carcassonne. Il assure ne jamais avoir su que ces trajets étaient financés par la mairie d’Hénin-Beaumont.

    Bien sûr, Dalongeville nie avoir été au courant de cette utilisation frauduleuse et rejette l’entière responsabilité sur Claude Chopin.

    Le procureur prendra pourtant l’exemple de la facture d’Air Mania signée par Dalongeville, dans laquelle est précisée l’identité des passagers dont Jean Guasti un autre prévenu, la description de la prestation et le montant s’élevant à 10 495 euros.

    Jean Guasti déclare à la barre avoir été missionné pour assurer le nettoyage de la résidence.

    Dalongeville pour se défendre argumentera simplement « rien ne prouve que les noms étaient inscrits sur ce document quand je l’ai signé »

    Il est beaucoup question de sa confiance de l’époque envers son premier adjoint alors même qu’il revient sur son leitmotiv de Rose Mafia en affirmant que les voyages au Luxembourg s’expliquaient par le financement occulte du PS dont était, déclare t-il, responsable Claude Chopin.

    La Présidente : « Vous dites à longueur de ligne (Rose Mafia) avoir eu très tôt connaissance du « système », d’où sortez vous la confiance absolue à M. Chopin ? »

    Sur le blog de M. Alain Alpern que je remercie ici pour son compte rendu fidèle des audiences on peut lire (http://alpernalain.blogspot.fr/2013/05/proces-dalongeville-jour-2.html) :

    « Tant bien que mal,  GD expliqua qu'il avait dû négocier le soutien officieux du parti (contre le maire socialiste sortant, P. Darchicourt) en prenant C. Chopin. Moyennant quoi, Percheron et Kucheida l'adoubèrent. La présidente constata alors : "vous avez vendu votre âme pour être maire" suivi par un "vous avez accepté de danser avec les loups" tout aussi cruel. Ce à quoi GD répliqua par un "je l'ai fait par fidélité à mon parti" qui fit sourire... Là encore, la présidente fut impitoyable : "comment avez-vous négocié avec votre conscience ?" Corroboré par le procureur qui avait remarqué une expression maladroite de GD : " vous avez dit "acteur sans avoir participé", comment pouvez-vous dire une chose pareille? »


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