• Gestion de Fait à Hénin Beaumont

    Le 22 juin 2010, la chambre régionale des comptes jugeait un symbolique pan de l'affaire héninoise : une vingtaine de déplacements en avion-taxi, entre août 2006 et janvier 2007.

    En effet, cette intéressante partie du dossier, en instruction sur la gestion Dalongeville depuis avril 2009 a été déléguée aux magistrats financiers.

    Sur le banc des accusés on trouve Gérard Dalongeville, ancien Maire de l’époque, Claude Chopin, alors adjoint aux finances, et Guy Mollet, chef d'entreprise, qui avait reçu l'autorisation de recourir à des déplacements en avions-taxis pour finaliser l'impossible vente de la résidence de Léon.

     

    Gérard Dalongeville, un maire qui, dans le réquisitoire initial, était considéré comme celui « ayant organisé les irrégularités et participé à leur exécution ». En qualité d'ordonnateur, il a signé les bordereaux récapitulatifs de paiements ainsi que des bons à payer de l'ensemble des factures en cause.

    Claude Chopin, premier adjoint et grand argentier communal, « a cogéré et exécuté les irrégularités », stipule le procureur financier, Denis Larribau, qui ne reconnaît pas de circonstances atténuantes à un élu d'expérience et à la grande responsabilité. - Il a attesté du service fait sur quinze des vingt factures

    À Guy Mollet il est reproché « d'être l'organisateur de prise en charge de ses déplacements privés par une collectivité ». Lui qui bénéficia de tous les voyages posant problème n'a pas hésité à mettre le cap sur Luxembourg, Carcassonne ou Nice pour ses propres affaires au lieu de la destination signifiée au Trésor public.

    Et se voit décrit comme l'homme ayant eu un « rôle central et déterminant ».

     

    La défense de Gérard Dalongeville est relatée dans la Voix du Nord de ce jour 24 juin 2010 :

    À l'écoute des accusations des magistrats, c'est le doigt sur la tempe que Gérard Dalongeville encaisse les coups, une posture entrecoupée, comme à l'accoutumée, du traditionnel relevé de ses branches de lunettes trahissant son agacement et son malaise.

    À l'appel de son nom, le voilà qui se relève sans précipitation, ouvre sa veste pour en tâter la poche intérieure comme pour y chercher un stylo qu'il ne sortira pas. Un geste, presque un cérémonial, mille fois vu à Hénin avant ses prises de parole.

    D'ailleurs, devant les magistrats comme devant ses anciennes ouailles, c'est d'un sonore « Très bien ! » que l'ancien maire lance son propos. Une entame là aussi traditionnelle qui fait sourire uniformément l'assistance. Dont beaucoup découvraient, 15 mois après son interpellation, un homme finalement pas très différent de celui qu'ils avaient quitté un soir de conseil municipal « abracadabrantesque ».

     

    Le visage un peu plus émacié, le cheveu court et le costume finement rayé qu'il affectionne, il s'empare du prétoire comme s'il était encore sur son estrade  majoral. Pour tonner et donner « sa » vérité. « Je suis là pour laver mon honneur face à toutes les accusations ! » avance-t-il d'emblée. Et pour ce faire, c'est Claude Chopin et, surtout, Guy Mollet, qu'il descend en flammes avec délectation.

    « Depuis plus d'un an, on m'accuse à tort et à travers... Moi, je suis comme le comptable public, j'ai été abusé dans la signature des documents ! » clame-t-il.

    Parfois un peu trop vivement à en croire les mines parfois excédées de certains magistrats. La résidence de Léon? « C'est M. Chopin qui était en charge de ce dossier ! » avance l'ancien maire, balayant toute collusion avec un Mollet revendiquant pourtant avoir été chargé de la commercialisation du bien : « Comment peut-il l'affirmer. Qu'on me produise le moindre écrit! »

    Et Gérard Dalongeville de ne pas hésiter à pointer du doigt une machination montée par Chopin et Mollet, qui, en sus, auraient bafoué leur contrôle judiciaire : « J'ai averti la DIPJ d'une rencontre très récente entre MM.

    Guy Mollet, absent au procès sur conseil de son avocat et pour raisons familiales, rétorque par voix de presse : « C’est clair si j’avais été là je ne l’aurais pas laissé dire tout son baratin parce que Gérard Dalongeville et un vulgaire menteur qui est capable de tout. Pour l’histoire des avions c’est lui qui pressait Chopin qui lui disait qu’il fallait signer la lettre pendant que nous on attendait que l’avion décolle »

    Claude Chopin en salle d’audience était aux antipodes de son ancien « patron ». Il a choisi de plaider coupable. Son avocate lui reconnait « de la négligence du laxisme et un manque de clairvoyance ».

     

    D'après le rapport public, 20 vols en avions taxis ont été affrétés à la société Aéro Taxi Services (ATS), basée à Lesquin. Qui payait ? La municipalité.

    Qui commandait ? C'est là que ça se corse. Un devis figurant dans le dossier, (les autres ont été détruits), apporte un éclairage sur ce point. Il a été faxé le 2 septembre 2006 par ATS au... Journal du Pays, l'organe de communication de la Ville, dirigé par Guy Mollet et sa fille. Il a été renvoyé le lendemain à ATS par le fax du même journal avec la signature de... Gérard Dalongeville.

    Le 4, ATS emportait Guy Mollet, le directeur des services techniques de la ville d'Hénin, M. Grassart, et deux hommes d'affaires locaux afin de visiter la résidence de Léon. Ce devis est un « document capital » dixit le rapporteur public qui relève également que la facture liée à ce vol établit la mention« Lille-Biarritz-Léon. » Alors qu'il n'y a aucun aéroport dans ce village landais. Une preuve de la falsification des factures.

    Refacturation

    Celles-ci portaient toutes la mention « transport du maire » ou « transports pour le maire ». C'est ce qui a trompé le comptable public qui a autorisé les dépenses. C'est sur cette base que le rapporteur public et le procureur financier fondent la gestion de fait. M. Dalongeville a signé 16 bons à payer, M. Chopin 4.

    À noter qu'ATS éprouvait des difficultés à se faire régler par la ville (elle avait même eu recours à une société d'affacturage). D'après le rapporteur, Guy Mollet avait organisé un « système de refacturation » des factures d'Hénin-Beaumont vers deux sociétés, une de BTP et une autre basée au Luxembourg qui... n'existait pas ! Hallucinant.

    En conclusion : Il a été demandé que les trois prévenus soient déclarés conjointement et solidairement comptables de fait, ce qui pourrait les amener à rembourser sur leurs propres deniers les 101 512,85 €, plus une éventuelle amende. Une demande assortie d'une prise hypothécaire... Le jugement sera rendu le 6 juillet, point de départ d'un marathon judiciaire. •

     

    Sources :

    http://www.lavoixdunord.fr/Region/actualite/Secteur_Region/2010/06/23/article_le-trio-dalongeville-mollet-chopin-pourr.shtml

    http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Lens/actualite/Autour_de_Lens/Henin_et_Alentours/2010/06/24/article_gerard-dalongeville-venu-laver-son-honne.shtml

    http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Lens/actualite/Autour_de_Lens/Henin_et_Alentours/2010/06/24/article_un-devis-envoye-au-journal-du-pays.shtml


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