• Gérard Dalongeville : retour à la case prison !

    Gérard Dalongeville se présente lundi 6 décembre 2010 dans le bureau de la juge Véronique Pair pour une ultime confrontation avec les deux autres protagonistes de l’affaire Héninoire. Du haut de sa superbe, il affiche une sérénité méprisante. Sûr de lui, du moins en apparence, l'ex-élu se présente en victime et s’affirme désormais lavé de tous soupçons.

    Seulement voilà, passant de la stupéfaction à la colère, le visage de Gérard devient progressivement livide. C’est que Mme le juge Pair a quelque peu changé l’ordre du jour de cette réunion; actualité oblige…En effet, depuis quelques mois, le téléphone de Gérard est placé sous surveillance par l’équipe de la Brigade Financière.

    C’est donc une séance d'écoute collective qui aura lieu : la pêche est bonne, cinq CD plus qu'instructifs (l'homme passait parfois jusqu'à 100 appels par jour !).

    Le magistrat Pair découvre que G Dalongeville passe des coups de fil de la région notamment d’Hénin Beaumont où il est interdit de séjour par son contrôle judiciaire. G Dalongeville serait également entré en contact avec des protagonistes de l’affaire ce qui lui est aussi formellement interdit. A-t-il tenté d’exercer des pressions, c’est toute la question.

    En tous cas, c’est le retour à la case prison : "Il a été remis en détention préventive par ordonnance du juge des libertés et de la détention pour avoir rompu les conditions de son contrôle judiciaire", précise son avocat, Didier Cattoir.

    Pourquoi cette mise sur écoute ? Pour une plainte déposée par un « ancien ami » de Gérard qui relate les menaces dont il est victime pour lui soutirer de l’argent. Extorsion de fonds ; boff, c’est du déjà vu dans ce dossier !

    Par la presse, le lecteur apprendra que ce dispositif a été mis en œuvre au titre d'une affaire mettant principalement en cause l’ex-adjoint à l'urbanisme de Gérard Dalongeville.

    Oh, là cela devient plus intéressant encore. Mais pour cela, il me faut revenir sur une histoire « rocambolesque ».

    1er avril 2009 : Philippe Demarquilly est déféré devant le Parquet à l'issue d'une garde à vue de 48 h.

    Quel est le chef d’accusation ?

    « Monsieur Demarquilly, adjoint au maire d'Hénin-Beaumont, a acquis un terrain agricole en juillet 2003 pour la somme de 3 689€ puis l'a revendu en juin 2007 pour la somme de 774 700€, après que ce terrain eut été classé en zone constructible par le plan local d'urbanisme de la ville», explique Brigitte Lamy, la procureure de la République de Béthune.

    Or Philippe Demarquilly, en sa qualité d'adjoint à l'urbanisme, aurait élaboré certaines modifications au Plan local d'Urbanisme à des fins personnelles.

    L'élu a par la suite participé au vote de la délibération municipale entérinant ces modifications. «Ces faits constituent le délit de prise illégale d'intérêt », résume encore la procureure.

    Déduction fiscale faite, Philippe Demarquilly aurait réalisé à travers cette opération une plus-value estimée à quelque 500 000 €.

    Le 2 avril 2009 Philippe Demarquilly est remis en liberté et placé sous contrôle judiciaire en l’attente de son jugement.

    Lui au moins ne fera pas de vieux os en prison ce qui n’est pas le cas de Gérard Dalongeville, Claude Chopin et Guy Mollet, placés en garde à vue le 7 avril suivant.

    Hasard pur et simple du calendrier ou révélations utiles de Philippe Demarquilly, nul ne le sait vraiment. Le 9 avril 2009 Messieurs Dalongeville, Guy Mollet et Claude Chopin sont placés en détention.

    Le 24 juin 2009, Philippe Demarquilly bénéficie de l’extinction de l’action publique pour cause de prescription.

    Pourtant, rassurez-vous, Philippe Demarquilly n’en a pas fini avec la justice. Un dossier de prise illégale d'intérêts « par un élu public dans une affaire dont il assure l'administration ou la surveillance » est toujours en cours. Bon, c’est vrai, cette affaire ne finit pas d’être renvoyée: 10 juin, puis 25 novembre 2010 et maintenant 10 mars 2011...

    A partir des écoutes téléphoniques de « Gérard » une affaire connexe touchant à des ventes de terrain au Bord-des-Eaux reprend place dans l’actualité judiciaire du moment.

    Et la Voix du Nord de citer ses articles des 4 et 10 décembre 2009 : Nicolas Pauchet, lotisseur-aménageur et Laurent Bocquet, agent immobilier, s’associent sur un programme de lotissements  prévus sur une parcelle de 49 lots, sur la zone du Bord-des-Eaux. Ils seront tous deux victimes d’extorsions de fonds. Interviewés à quelques jours d’intervalle, ils font le récit de la spirale infernale dans laquelle des affairistes peu scrupuleux et des organisations maffieuses les ont entrainés

    http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Lens/actualite/Autour_de_Lens/Henin_et_Alentours/2009/12/04/article_racket-menaces-et-coup-de-grace-fiscal-l.shtml

    http://www.lavoixdunord.fr/Forum-Municipal/Artois-Ternois/2009/12/10/article_laurent-bocquet-le-racket-et-les-menace.shtml

    Alors que dire aujourd’hui, sinon qu’il est grand temps que la vérité éclate. Le procès est attendu avec impatience par la population Héninoise. Les affaires connexes sont peu connues et devraient elles aussi faire l’objet d’une information large et complète.

    Il est temps que Hénin Beaumont puisse sonner le glas d’un passé douloureux qui encore aujourd’hui sème le doute dans les esprits….


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :