• Gérard Dalongeville n'est pas remis en liberté

     

     

    http://www.nordeclair.fr/Actualite/2009/08/21/nef-1093295.shtml

    L'audience d'hier était décisive pour l'ancien maire. Sa remise en liberté était en jeu. Finalement, les magistrats de la chambre de l'instruction de Douai ont donné raison au Parquet en prononçant son maintien en détention

    Pas question d'accorder un quelconque régime de faveur à l'ancien maire d'Hénin-Beaumont. C'est donc dans une voiture de gendarmerie et menottes aux poignets qu'il a rejoint la Cour d'appel de Douai hier matin. Le visage fermé et le regard perdu dans le vague, Gérard Dalongeville n'affiche plus l'assurance et la sérénité déconcertante dont il faisait preuve quelques mois avant son interpellation. « ­C'est une épreuve difficile pour un homme public aujourd'hui déchu de tout mandat­ », commente Me Cattoir.

    Voilà maintenant 4­mois et demi que l'ancien édile, mis en examen pour détournement de fonds publics, faux en écriture, favoritisme et corruption passive, est incarcéré à la prison de Longuenesse. Une détention qui, selon son avocat, a aujourd'hui largement atteint ses limites. D'autant plus que son client est à ce jour le dernier protagoniste de l'affaire encore derrière les barreaux. « ­Nous ne comprenons pas pourquoi les autres ont été relâchés et pas lui­ », s'interroge le conseil. Claude Chopin, Guy Mollet et Jean-Marc Bouche, bien que soumis à un contrôle judiciaire strict, ont en effet récemment retrouvé la liberté.
    Pourtant hier, Gérard Dalongeville n'avait jamais été aussi proche de la sortie. Vendredi dernier, le juge des libertés et de la détention (JLD) avait en effet prononcé sa remise en liberté après que Me Cattoir eut fourni une adresse de résidence pour son client, située à plusieurs centaines de kilomètres d'Hénin-Beaumont. Une garantie jugée insuffisante par le Parquet qui, le jour même, a interjeté appel de cette décision, estimant les risques de pression de Gérard Dalongeville sur d'autres mis en cause trop élevés.

    Hier matin, la chambre de l'instruction a donc examiné, durant près d'une heure et demie, le fond de cet appel. À la sortie de l'audience, tenue à huis clos, Me Cattoir se voulait optimiste­: « ­Nous avons eu le sentiment d'être écoutés.­ » Ecoutés, mais pas entendus. En milieu d'après-midi, la chambre de l'instruction a infirmé l'ordonnance de remise en liberté du JLD et prononcé le maintien en détention de l'ancien maire.

    Pourvoi en cassation

    Une décision intolérable au goût de Me Cattoir qui compte saisir, dès aujourd'hui, un avocat auprès de la cour de cassation et du Conseil d'État afin de demander une étude de faisabilité de cette ordonnance. « ­Il faut que la justice soit équitable pour tout le monde. Et si tout cela résulte du simple fait que Gérard Dalongeville est maire, alors, j'invite les 33 000 maires de France à faire preuve de vigilance », s'insurge l'avocat qui craint les répercussions de ce nouveau refus sur le moral de son client. « ­S'il y a un accident, il y aura des comptes à rendre­ », prévient-il.

    CÉLINE DEBETTE


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