• http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Lens/actualite/Autour_de_Lens/Henin_et_Alentours/2009/05/27/article_la-ville-prepare-deja-l-arrivee-des-admi.shtml

     

    |  COMPTE À REBOURS |

    La messe est dite et, dans les couloirs de l'hôtel de ville, chacun en est désormais persuadé. Les élus de l'équipe Dalongeville vivent actuellement leurs dernières heures aux commandes du vaisseau héninois pendant que les services préparent avec la préfecture l'imminente arrivée des administrateurs de la commission spéciale.

    PAR PASCAL WALLART  henin@info-artois.fr

    Démissions, acte II. Après un lundi après-midi passé à la poste centrale, c'est un mardi matin au cabinet du maire qu'ont vécu les élus et colistiers héninois démissionnaires, tenant à faire authentifier la réception de leurs précieuses missives sous l'oeil vigilant de Maître Bavière.

    Une vague qui, le temps d'une ultime soirée de négociation, aura encore enflé. En effet, une réunion des partenaires de la gauche héninoise, en présence de Dominique Plancke, aura fini par établir un pont commun avec les Verts. Avec un accord concrétisé dès ce matin par le dépôt des lettres de démission de Régine Calzia, Marie-Claude Duchateau et Thierry Deneuville.

    La route vers le retour aux urnes étant désormais dégagée (à la condition bien évidemment que le décret de révocation de Gérard Dalongeville soit bien pris aujourd'hui en conseil des ministres), Jean-Bernard Deshayes était plus que désabusé, hier matin : «  Vous savez, aujourd'hui on est dans l'expectative, puisque les administrateurs devraient débouler ici dans quelques jours... On préparait un conseil municipal pour le 5 juin, tout était presque prêt. Maintenant... » Alors que la terre s'effrite jour après jour sous ses pieds, le maire par intérim semblait, hier, groggy face à la tempête s'étant levée la veille, restant engoncé dans ses certitudes : «  Malgré toute ce qui a été dit, cette mairie, on a continué à la faire fonctionner pendant ces 6-7 semaines. Tout s'est passé normalement, les adjoints ont fait leur boulot... »

    CCAS bloqué

    Des certitudes prenant un autre relief dans la bouche du directeur général des services, Philippe Thibaut, expliquant que ses services étaient déjà entrés en contact avec les services du préfet pour préparer la nouvelle ère s'annonçant : «  Après l'officialisation de la révocation, on a normalement 5 jours pour entrer en contact avec le préfet mais on a préféré faire cela tout de suite... » Ce que vit actuellement la Ville, Philippe Thibaut a conscience qu'il s'agit là d'un « cas d'école et même une concentration de cas d'espèces assez rarissimes ». Exemple que celui du centre communal d'action sociale qui se retrouve aujourd'hui sans ordonnateur avec l'emprisonnement de son président et la démission, hier, de sa vice-présidente, Marilyne Carlone. Comment faire vivre ce CCAS aujourd'hui ? La question est actuellement posée en préfecture... Une situation tendue parmi tant d'autres, les démissions d'hier devant fatalement provoquer d'autres situations de blocages. Autant de signes indiquant au représentant de l'État qu'il ne faudra guère traîner pour ne pas enrayer un peu plus la machine héninoise. •


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  • http://www.lavoixdunord.fr/Region/actualite/Secteur_Region/2009/04/28/article_la-chambre-regionale-des-comptes-eclaire.shtml?xtor=RSS-2

    Juste un rapport de plus ? Certainement pas, car cet énième rapport adressé par la chambre régionale des comptes à la ville d'Hénin-Beaumont s'attaque cette fois-ci aux vices structurels de la machine municipale. Un document encore confidentiel sous forme de réquisitoire accablant.

    PAR PASCAL WALLART

    Cette fois, les magistrats arrageois sont allés bien au-delà de leur rôle habituel de docteur ès finances municipales tentant de remettre d'équerre les budgets défaillants. À force d'être appelés, année après année, au chevet du malade héninois, ils se sont décidés à s'attaquer à la racine du mal. En n'ayant pas peur d'appeler un chat un chat, en évoquant doubles (voire fausses) facturations, faux libellés ou détournement de la règle des marchés.

    « Fuite en avant »

    Pendant que la justice continue de plus en plus finement ses investigations, le système héninois apparaît aujourd'hui au grand jour. Dans toute sa démesure.

    Avec, dixit les magistrats arrageois, un élément prédominant, à savoir les «  prérogatives hypertrophiées » du cabinet de Gérard Dalongeville court-circuitant le directeur général des services de la ville dans nombre de domaines. Un déséquilibre qui entraîne une foultitude de dysfonctionnements notamment en ce qui concerne les contrôles internes et la sécurité juridique.

    Et si ça tangue au sommet de la pyramide héninoise, en cruel déficit d'encadrement, ça ne va pas mieux à la base où, avec 750 agents recensés fin 2008 (dont 213 emplois de courte durée dénombrés en avril), on est dans une stratégie «  de fuite en avant ». Une méthodologie qui, les magistrats le pointent, tourne parfois au grand n'importe quoi lorsque la ville est prise la main dans le sac à perdre de l'argent à vitesse grand V dans le bail généreux octroyé à un restaurant de centre-ville, la gestion ubuesque de la résidence de Léon ou les largesses consenties à un promoteur immobilier au Tilloy. Autre sac, mais toujours la même main, avec des doubles facturations avérées au profit de G2M, l'ex-société de Guy Mollet, le contournement des règles de commande publique au bénéfice d'une société de gardiennage aux multiples ramifications ou de sociétés belges faussement concurrentielles... Une «  opacité du fonctionnement » clairement dénoncée par la CRC mettant d'ultimes bémols quant à la gestion «  critiquable » des pompes funèbres municipales et un projet de SEM pour le futur crématorium souffrant «  d'insuffisances juridiques » et de favoritisme dans les attributions de marché. Accablant, on vous dit... •


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    http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Lens/actualite/Autour_de_Lens/Henin_et_Alentours/2009/04/08/article_a-l-hotel-de-ville-pendant-l-enquete-le.shtml

    Quelle trajectoire ! Lundi après-midi, Jean-Bernard Deshayes était seulement l'adjoint au budget. Lundi soir, après le conseil municipal, il a été nommé premier adjoint et hier matin, il serait pour un peu devenu maire... par intérim. Sans être le cas, il tâtonnait un peu en l'absence de Gérard Dalongeville : « On est en train de voir en mairie avec le directeur général des services comment gérer la situation ». Une situation exceptionnelle et imprévue. « Le maire est toujours maire et on va tout faire pour que la continuité des services publics soit assurée », ajoutait Philippe Thibaut, nouveau directeur du service des sports, le précédent, Georges Houziaux, étant en retraite depuis... le matin même ! « La mairie peut fonctionner en l'absence du maire, il y a un adjoint qui a les délégations de signature (Jean-Marc Legrand).

     » En fin de matinée, Gérard Dalongeville était de retour. Flanqué des policiers de la brigade financière et d'un substitut du procureur du parquet de Béthune. Ce petit monde a passé la journée enfermé dans le bureau du maire, à droite de l'entrée principale de l'hôtel de ville. Le maire n'est pas entré en contact avec les élus et les employés.

    Aux abords du massif édifice, les Héninois passent sans se douter de ce qui se passe à l'intérieur des murs épais : « J'éprouve beaucoup de déception, j'espérais un changement de politique aux élections pour essayer de combler les déficits », témoigne Roger, 51 ans.

    17 h 30, fin de journée à l'hôtel de ville. Un employé sort. Alors l'ambiance ? « Déprimante. Un gros paquebot comme ça, soumis à l'effondrement de ses valeurs... Le personnel est en perte de repère, c'est déstabilisant. » À 18 h, les élus du groupe majoritaire se réunissent salle des commissions, les journalistes sont admis dans l'hôtel de ville. Vers 18 h 30, les élus sortent. Visages fermés, bouches cousues. Seule Nadine Tavernier se déclare «  meurtrie et écoeurée ». Tétanisé, Jean-Bernard Deshayes est chargé de lire le maigre communiqué officiel qui rappelle «  notre entière solidarité envers Gérard Dalongeville et le principe de présomption d'innocence ». Il tourne les talons sans un mot de plus.

    19 h approche. Un nervi du maire bloque les journalistes dans un escalier. On comprend mieux pourquoi... C'est le moment où Gérard Dalongeville sort, encadré par des policiers en civil. Un petit clin d'oeil et il entre à toute vitesse dans une Renault Clio grise. Un de ses proches fait ce qu'il peut pour empêcher les photos et y parvient. Les voitures démarrent. Fin de l'histoire. Pour l'instant. •



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  • http://www.libelille.fr/saberan/2009/04/hnin-beaumont-l.html

    Spectacle à l'hôtel de ville. Le public déborde jusque dans les couloirs. A Hénin-Beaumont, le maire socialiste, Gérard Dalongeville retire les délégations des adjoints qui lui tiennent tête. La majorité se déchire autour d'un maire qui cumule : un adjoint entendu dans une affaire de prise illégale d'intérêts, des impôts multipliés par deux en quatre ans,  un rapport de la cour des comptes pour mauvaise gestion, un risque de suspension par le Préfet. Le public siffle, hurle, dit sa haine du maire. Lequel reste imperturbable. Les élus Front national, Marine Le Pen en tête, se tiennent les côtes et font des calembours. 

    Carottes. La première adjointe, veste de tailleur rose, se fait virer la première. Motif : le 30 mars, Marie-Noëlle Lienemann (PS), a refusé de participer au vote d'un budget, que la Chambre régionale des comptes qualifie d'"insincère", et qui révèle un déficit de 12,9 millions d'euros. Ce soir, la députée européenne est lâchée avec les voix de conseillers municipaux socialistes, solidaires de leur maire, malgré les consignes de leur parti.

    On vote à bulletin secret. Marine Le Pen, dans l'opposition, boit du petit lait, rappelle à la socialiste qu'elle avait promis de veiller à ce que les impôts n'augmentent pas, et se gausse sur son opposition au maire un peu tardive : "Vous savez que les carottes cuites vont bientôt sentir les oranges".

    Jaurès. La première adjointe socialiste se justifie, cite Jaurès : "Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire". Les supporters du FN sifflent et huent. Elle dit s'être basée, pour soutenir jusque là le maire, sur un rapport de la Cour des comptes de 2006 qui indiquait à l'époque un budget "restauré", avant d'être tombée de haut avec le dernier rapport. "Mon seul souci a toujours été de veiller à ce qu'on prenne des décisions pour redresser la situation, mais j'ai constaté que les prescriptions de la Chambre régionale des comptes n'étaient pas appliquées par le maire et certains adjoints".

    Rumeurs. Marine Le Pen  lance des "Ben voyons!" et des "Nous, on le savait!". Marie-Noëlle Lienemann : "Je m'en tiens aux faits. Tant que ce n'était que des rumeurs, je ne voulais pas en rajouter". Dans le public : "Hou! Vendus!" Le maire, toujours de marbre, comme si tout était très normal : "Très bien, mes chers collègues, alors, avant de passer au vote..." Il a quelque chose à dire. Il a son idée sur le refus de Lienemann de voter son budget la semaine dernière. "Je constate que depuis le 30 janvier, vous avez perdu la présidence de l'Union des HLM, vous n'êtes plus vice présidente de la Région, et vous n'êtes plus candidate aux élections européennes".  Puis, reproche : "Je vous ai cherchée sur le terrain aux côtés des Héninois". Sur 35 votants, 22 votent pour virer la députée européenne du poste d'adjointe. Elle rétorque que les règles de convocation du conseil n'ont pas été respectées, qu'elle déposera un recours.

    C'est le tour de David Noël, adjoint communiste à la culture. Viré aussi. Pendant le vote, Marine Le Pen chahute, pouffe, fredonne la Marche funèbre. Le maire annonce le nombre de voix : 22. Marine Le Pen : "40, ça serait pas mal. Vous voulez pas que ce soit 40, comme Ali Baba?"

    Sifflets. Qui pour les remplacer? Le maire propose Danièle Filipowicz, une conseillère municipale. Tollé dans les rangs du FN et dans le public. Marine Le Pen : "Monsieur Dalongeville, est-il vrai que vous avez signé une promesse d'embauche à un membre de la famille de Mme Filipowicz?" Le maire : "Je vais vous répondre très librement, il s'agit d'une association loi 1901". Subventionnée par la ville. Dans le public, cris, sifflets. "Dalongeville, démission!" "Mellick!" "Boucheron!" "Tapie!" Marine Le Pen entre  dans l'isoloir pour voter, et montre aux caméras un petit papier : "Madame Rapetou. Je vote pour Madame Rapetou". Et re-22 voix. Le public : "Un discours! Un discours!" Marine Le Pen parle de "corruption" et annonce qu'elle portera plainte. Steeve Briois, son colistier, entonne "Dalongeville, à Béthune!" Dans le public : "Voleur! Truand! Le peuple aura ta peau!" Le second adjoint désigné s'appelle Jean-Pierre Chruszez. Dix-neuf voix. Marine Le Pen : "Ah, c'est moins bien que Madame Corruption".

    Haydée Sabéran


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