• 29 avril 2009 Le pouvoir socialiste local tressaille

     

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    Titine de Fer prend bien soin de ne pas se mêler de trop près du dossier héninois, ce caillou radioactif dans la chaussure de la première secrétaire du PS en campagne pour les européennes. Et ce qui vient de se passer dans les instances départementales et locales est le signe d'un malaise persistant. Gérard Dalongeville, mis en examen (et présumé innocent), incarcéré et suspendu de ses fonctions de maire d'Hénin-Beaumont, vient d'être exclu du PS avec ceux de son clan après un nouvel épisode vaudevillesque dont les socialistes ont le secret. A Paris, c'est Christophe Borgel, le patron des fédérations, qui suit les événements. Martine Aubry laisse les socialistes locaux gérer directement l'"affaire" et s'efforce jusqu'à présent de ne pas apparaître en première ligne tout en restant très attentive aux éventuelles éclaboussures. .

    Après tout, ce sont eux qui ont produit une telle dérive ou plutôt ont laissé le problème dériver vers ce qui est désormais un scandale national. Titine de Fer, elle, est arrivée à Lille (et Lille n'est pas le Pas de Calais !) en 1995 et n'est première secrétaire que depuis novembre dernier. C'est pourquoi on entend un Daniel Percheron, patron "off" des socialistes dans la région et surtout dans le Pas de Calais, s'exprimer par petites touches pour indiquer le vent. Virtuose de cet impressionnisme tacticien qui lui a permis de diriger la fédération du Pas de Calais pendant longtemps et de tirer les ficelles des grands moments du PS, le président du conseil régional sait qu'il doit vider l'abcès héninois tout en garantissant son emprise sur son camp sinon sa réélection à la tête du conseil régional dont le renouvellement est prévu l'année prochaine. Même objectif pour Catherine Génisson, elle aussi soutien de Martine Aubry, la première fédérale du Pas de Calais, qui a hérité en novembre dernier d'un système coagulé de vieilles baronnies et de vassalités sédimentées qui fait ressembler les Rois Maudits à une aimable bisbille de cour de récréation. Pour Martine Aubry, il s'agit de ne pas bousculer un ecosystème fragile qui pourrait se transformer en jardin d'herbes folles. Au PS, alliance rime toujours avec mésalliance.

    Après moultes tergiversations et allers-retours entre la Rue-de-Solférino et le siège de la "fédé" du Pas de Calais, cette dernière vient de décider l'exclusion de celui qu'ils considéraient comme le meilleur rempart contre le Front National et Marine Le Pen, aux aguêts depuis au moins 2007 quand la fille du chef a compris que tous les ingrédients étaient réunis pour un nouveau "Vitrolles". Nous n'en sommes pas encore là et aucune nouvelle élection n'est pour l'heure prévue.

    Et c'est justement la perspective de voir le FN s'installer dans le fauteuil de premier magistrat d'une ville de 27 000 habitants à gauche sans interruption depuis la Libération, dans un département-symbole du pouvoir socialiste, qui fait tressaillir d'effroi les caciques du PS. Car, en cas de malheur, on cherchera de nouvelles têtes à trancher.


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